Conflit ukrainien : les effets chiffrés chez Cisco

Les derniers trimestriels de Cisco laissent entrevoir le poids du conflit ukrainien sur l’activité du groupe américain.

Manque à gagner, créances irrécouvrables, charges de personnel supplémentaires… Les effets de la crise ukrainienne se ressentent dans les derniers indicateurs financiers de Cisco. En tout cas tels que le groupe américain les a communiqués pour son troisième trimestre fiscal 2022, clos le 30 avril.

Le manque à gagner en question est estimé à 200 millions de dollars (ou deux points de croissance). En cause, d’une part, l’impossibilité de poursuivre les activités en Ukraine. Et de l’autre, la décision de les suspendre en Russie comme en Biélorussie. Une démarche officiellement enclenchée le 3 mars… et que la presse ukrainienne a mise en doute.

Au terme de son exercice fiscal 2021, Cisco comptait environ 0,2 % de ses actifs dans ces trois pays. Leur éventuelle irrécouvrabilité a entraîné l’imputation de charges. Au même titre, entre autres, que l’accompagnement des effectifs sur place. L’ensemble se chiffre en dizaines de millions de dollars, d’après la multinationale.

Le conflit ukrainien s’accompagne d’une autre crise dont les effets sont toujours visibles : celle du Covid. Sur ce volet, Cisco déplore un aspect en particulier : le reconfinement de Shanghai fin mars. Et évoque un manque à gagner encore plus important. 300 M$ en l’occurrence, faute d’avoir pu récupérer, notamment, des composants pour l’alimentation électrique.

Aux dernières nouvelles, Shanghai doit commencer à se déconfiner le 1er juin. Mais la pression risque de rester forte. Cisco, en tout cas, ne compte pas voir le bout du tunnel avant son prochain exercice fiscal. Pour le moment, il tente plutôt de minimiser sa dépendance envers la Chine. Dans le discours, mais aussi dans la pratique : plus d’une centaine de produits ont fait, nous affirme-t-on, l’objet de reconceptions pour permettre de diversifier les sources d’approvisionnement.

Pour le trimestre fiscal en cours, Cisco anticipe des contraintes sur environ 350 composants critiques (il dit en exploiter 41 000 au total). Dans l’immédiat, il chiffre l’impact combiné des deux crises :

– Cinq points de croissance sur le C. A. global (3 sur le revenus produits, 8 sur le revenu services) et sept sur le C. A. EMEA

– 70 points de base sur la marge brute (80 sur le segment des produits)

– La stagnation des volumes de livraison sur le segment Enterprise (les plus « gros » clients)

La base de comparaison annuelle est d’autant plus défavorable que le troisième trimestre fiscal 2022 a duré une semaine de moins. L’an dernier, cette semaine supplémentaire avait représenté environ 3 points de croissance.

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